Portrait : Fatiha, chef à domicile algérienne à Lille

Fatiha, en cuisine

Arrivée récemment de Kabylie pour marcher sur les traces de son père, Fatiha a emmené avec elle la cuisine simple de son quotidien en Kabylie. Traditionnels et sans superflu, les plats qu’elle vous propose sont ceux consommés au quotidien dans son village natal. 

Fatiha, en cuisine
Fatiha, chef à domicile algérienne à Lille

Qui êtes-vous, d’où venez-vous ?

Je suis Fatiha, je suis algérienne kabyle, née en Kabylie, j’y ai vécu toute ma vie. J’ai fait mes études en Kabylie puis à Alger, et suis arrivée en France il y a 1 an. J’avais besoin de bouger, de découvrir d’autres cultures et d’autres gens. Je suis d’abord restée à Paris, et puis j’ai rencontré mon mari, on s’est mariés et je l’ai suivi à Roubaix.

Je voulais découvrir le pays qui avait accueilli mon papa. Il vivait et travaillait ici, et venait nous voir en Kabylie l’été, comme toute la première génération d’immigrés. C’était un pays qu’il aimait beaucoup, il n’en disait que du bien.

Comment avez-vous appris à cuisiner ?

Quand on est kabyle, on a ça dans la peau. Dès le plus jeune âge, là-bas, les filles apprennent à cuisiner avec leur maman, leur grande sœur.  A la maison, c’était ma sœur qui cuisinait, quand elle s’est mariée, j’ai pris le relais. J’avais 14 ans. C’est là que j’ai commencé à mettre la main à la pâte, sous l’assistance de la maman. Au début, on aide à éplucher les légumes, faire la vaisselle et petit à petit on cuisine ce que la maman cuisine. On essaie toujours de préparer la fille à prendre le relais !

Griwech kabyle
Les Griwech de Fatiha : des gateaux croustillants à la fleur d’oranger et graines de sésame

Qu’est-ce qui vous manque de la Kabylie?

Tout ! Ses montagnes, sa verdure, son climat. En ce moment tout est fleuri là-bas… le soleil… même s’il ne fait pas trop chaud, il y a tout ce qu’il faut au printemps. Les promenades avec mes petites nièces, ça me manque, j’aimais beaucoup me promener là-bas. D’ailleurs mes nièces en ce moment apprennent à cuisiner et m’envoient des photos de ce qu’elles préparent pour que je valide.

Vos premières impressions en arrivant en France :

J’étais dans un taxi avec mon frère. Je me demandais si le chauffeur ne s’était pas trompé de chemin parce que j’étais déçue de ce que voyais. Je pensais trouver quelque chose de très beau, et je suis passée par un chemin tout moche !

Quand j’ai commencé à sortir et à découvrir j’ai beaucoup aimé, surtout que je suis arrivée en période de fêtes, le 14 décembre, il y avait plein de lumières, c’était beau.

Qu’est-ce qui vous plait en France, et qu’est-ce que vous trouvez plus difficile ?

J’aime la mentalité des gens. Ici on peut vivre comme on veut. En Algérie on n’a pas cette liberté, tous les gestes et tous les faits, les mouvements sont contrôlés. C’est une question de culture. Là-bas on vit pour les autres, pas pour soi-même. Ici par exemple on peut sortir toute seule, rentrer tard le soir, prendre un boulot qui n’est pas tout près de chez soi. Là-bas quand on est une femme ce n’est pas facile.

Ce qui est plus difficile, c’est la crise. Mon père qui avait vécu ici me parlait de la France et dans ce qu’il me racontait tout paraissait plus facile. Lui a vécu très longtemps ici, depuis ses 13 ans jusqu’à la fin de sa vie. Depuis la crise est passée par là.

Revenons à la cuisine, est-ce que vous cuisinez tous les jours ?

Ah oui ! Je fais un peu de tout. J’aime bien toucher un peu de tout, des plats traditionnels, j’essaie d’autres plats, même s’ils ne sont pas de chez nous, j’aime découvrir.

 

Couscoussière
Couscoussière

Quels sont vos plats favoris ?

Je ne suis pas une grande mangeuse, je cuisine beaucoup plus pour les autres, mais j’aime bien le couscous.

L’ingrédient dont vous ne pourriez pas vous passer ?

Le café au lait ! Mais pour cuisiner, sans oignon, c’est impossible de cuisiner. Chez nous, on l’appelle de Roi de la Marmite !

Qu’est-ce qui vous motive dans l’idée d’aller cuisiner chez des particuliers ?

Déjà faire découvrir les plats de chez nous, et ce qui me fait plaisir aussi, c’est la réaction des gens quand ils mangent ce que je leur ai préparé, quand ils me disent que c’est bon. J’aime bien que les gens apprécient ce que j’ai préparé.

Ratatouille et pain kabyle
Ratatouille et pain kabyle, le repas simple des familles kabyles lors des chaudes soirées d’été

 

Vous souhaitez vivre l’expérience d’un repas kabyle ? Invitez Fatiha chez vous, elle vous fera découvrir les spécialités de son pays et vous préparera un repas typique de chez elle, le repas des familles dans les montagnes kabyles. Fatiha, chef à domicile à Lille vous propose un couscous à la viande de boeuf, un tajine de poulet aux olives accompagné de pain kabyle fait maison, et une ratatouille accompagnée de pain kabyle, repas simple mais délicieux parfait pour les chaudes soirées d’été en Kabylie.

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